PSYCHOLOGIE EN CRISE ? SOCIÉTÉ EN CRISE ?
Louis Crocq
Déroulement psychologique
de la gestion de crise
Après avoir rappelé les aspects
généraux des crises (types, critères, partenaires), l'auteur décrit les trois grandes
phases de la psychologie de crise (I/ découverte, II/ inventaire, III/ décision) et les
stades qui les jalonnent (1.1/ perception des signaux avant-coureurs, 1.2/ perception
des menaces et enjeux, 1.3/ diagnostic de crise - 2.1/ évaluation en gravité, 2.2/
évaluation en urgence, 2.3/ inventaire des moyens en situation dégradée, 2.4/ prise
de conscience des incertitudes et impondérables - 3.1/ élaboration des décisions
possibles, 3.2/ choix décisionnel, 3.3/ ordre d'exécution, 3.4/ suivi de l'exécution,
3.5/ diagnostic de fin de crise). Puis, il caractérise le vécu de chacun de ces stades
sous les angles du cognitif, de l'émotionnel-affectif, du volitionnel et du comportemental,
en insistant sur le phénomène de stress, qui peut aussi bien être mobilisateur que
perturbateur ou inhibiteur. Il sera fait référence aussi à l'avant-crise (culture de
crise) et à l'après-crise (nouvel équilibre, nouvelles mentalités). Des incidences concernant
le profil psychologique du décideur, et des exemples
de crises bien ou mal gérées sous stress illustrent ces considérations.
Yves Clot
La fin du Yalta
scientifique proposé par Lagache : le cas de la psychologie du travail
LA CRISE ET LES PROCESSUS QU'ELLE RÉVÈLE
Serge Tisseron
Derrière la crise,
un nouveau paysage relationnel et psychique
Notre époque est marquée par une
précarisation de tous les liens. Il s'agit des liens conjugaux, mais aussi familiaux et
professionnels. La pression économique en est en partie responsable, mais aussi le
paysage audiovisuel et les nouvelles technologies. Les bouleversements en cours
contribuent à entraver le processus de refoulement et à donner au clivage psychique
une importance accrue. Ce nouveau paysage, à la fois relationnel et psychique, modifie
à son tour les conditions de l'empathie.
Christine Roland-Lévy
Effet du contexte de
la crise financière sur les représentations sociales de la consommation: emprunt versus épargne
Quelles sont, dans le contexte de la crise
financière, les représentations sociales liées à l'emprunt et à l'épargne d'une population
française de tout venants âgés de dix-huit ans et plus ? Deux types de consommateurs se
dégagent : les premiers se disent concernés par la crise économique alors que les deuxièmes
ne se sentent pas concernés. La représentation sociale du crédit et de l'épargne des premiers
est influencée par la représentation sociale de la crise et donne lieu à un certain type de
conduites face à l'achat à crédit. En revanche, la représentation sociale, du crédit comme
de l'épargne, pour les individus ne se sentant pas personnellement concernés par la crise
actuelle n'est pas influencée par la représentation sociale de cette dernière et donne
lieu à un autre type de conduites face à la consommation.
LES EFFETS DE LA CRISE SUR LE PSYCHISME
Olivier Douville
Le collectif,
à la différence de la collection ou de la massification, est nécessairement polémique.
Ce qui serait le plus menacé
serait l'élaboration polémique des processus de construction du sujet et du collectif,
soit les discours. L'effet de cette mélancolisation est double : a: mise en avant comme
bien commun de l'idéologie sécuritaire qui chasse tout ce qui est hétérogène et/ou inattendu. b: fragmentation des modes du rapport à la vérité et donc du symptôme.
Mélancolisation du lien ai-je écrit tant tout cette mise à la casse de l'intime détruit
la matérialisation de l'existence sur plus d'une scène, aussi serait menacée la possibilité
de fabriquer du milieu ou de porter de l'inédit à l'existence. Notre responsabilité
est ici de favoriser des résistances, sans les prescrire.
Roland Gori
L'extension
sociale de la norme et la servitude volontaire
Nous sommes aujourd'hui
davantage dans une société articulée à la norme plutôt qu'à la loi, du moins une
loi fondée par la démocratie politique. L'évaluation est le nom de cette soumission
sociale librement consentie qui conformise les comportements et réduit la démocratie
à une servitude volontaire. Comment les psychologues pourraient-ils aujourd'hui
refuser de se transformer en instruments d'un Pouvoir politique qui traite l'homme en instrument ?